Résumé du film au nom de l'Europe

Résumé du film au nom de l

2026-09-03

 Camille Adam est un juriste qui a étudié d'un point de vue juridique la construction européenne est ses conséquences pratiques et réelles. Il a réalisé un film 'Au nom de l'Europe' pour montrer que ce projet affecte en premier le modèle social français en le réduisant progressivement, cela affecte aussi l'économie en affaiblissant l'industrie locale et particulièrement les petites entreprises françaises à cause de la liberté de circulation des capitaux. Le libre échange néolibérale est la base des traités européens. Le droit européen est supérieur au droit français. Bref les pays ne sont plus souverains.

Voici un résumé du film au nom de l'Europe :  Il retrace l'histoire de la construction européenne, du traité de Rome au développement du marché unique et de l'euro, en analysant la manière dont les traités, les jurisprudences et les choix politiques ont façonné le modèle économique européen.

Voici les points clés à retenir :

  • Les origines et le Big Bang du marché unique (1957-1986) : Après les débuts de l'intégration économique et la crise de la « chaise vide » sous De Gaulle, la relance européenne des années 1980 a été impulsée par Jacques Delors et soutenue par un puissant lobby industriel, la European Round Table of Industrialists (ERT). Le Livre blanc de 1985 et l'Acte unique européen visent à supprimer les barrières non tarifaires, à imposer des normes européennes uniques et à faciliter la prise de décision en mettant fin à l'unanimité dans de nombreux domaines. Cela déclenche une vague massive de lobbying à Bruxelles.

  • La primauté du droit européen et l'affaiblissement du modèle social : La Cour de justice européenne (CJE) établit la supériorité des directives et règlements européens sur les lois nationales. Ce « néo-constitutionnalisme » place les quatre libertés fondamentales du marché (circulation des biens, capitaux, services et personnes) au-dessus des dispositions constitutionnelles nationales. Dès lors, les monopoles publics et les services publics nationaux (comme EDF) sont progressivement ouverts à la concurrence, démantelant le modèle issu du Conseil national de la Résistance.

  • La liberté de circulation des capitaux et l'échec de l'harmonisation fiscale : La libéralisation totale des flux de capitaux à partir de 1990 s'est faite sans harmonisation préalable de la fiscalité sur l'épargne ou sur les sociétés. L'opposition de pays comme le Luxembourg, le Royaume-Uni ou l'Allemagne a instauré une concurrence fiscale féroce (créant des paradis fiscaux au sein de l'UE comme l'Irlande) et favorisé le rachat de fleurons industriels européens par des fonds étrangers.

  • Une doctrine de libre-échange mondialisé : Avec la création de l'OMC (accords de Marrakech en 1994), l'Europe s'est affirmée comme la zone la plus ouverte au commerce mondial. Sous la conduite de figures comme Pascal Lamy, la Commission européenne a promu la suppression des protections douanières et l'ouverture aux marchés étrangers, parfois au détriment d'industries de main-d'œuvre et du secteur agricole.

  • L'élargissement à l'Est et le dumping social : L'intégration de 12 nouveaux pays à partir de 2004 s'est déroulée sans convergence préalable des salaires ou des protections sociales. Cette situation a légalisé une forme de concurrence déloyale au sein du marché intérieur, favorisant les délocalisations et fragilisant des secteurs comme le transport routier ou les PME.

  • Le projet monétaire et la création de l'euro : Pensée par Mitterrand comme un moyen d'ancrer l'Allemagne réunifiée dans le projet européen, la monnaie unique a été conçue selon les exigences allemandes. La Banque centrale européenne (BCE), basée à Francfort, est devenue totalement indépendante du pouvoir politique, avec pour objectif quasi exclusif la stabilité des prix. La stratégie française du « franc fort » des années 1980 et 1990, suivie de l'imposition des critères de rigueur budgétaire du traité de Maastricht et du Pacte de stabilité, a entraîné des politiques d'austérité répétées, une hausse du chômage et un déficit de débat démocratique.

  • L'impact de l'« euro fort » sur la compétitivité : Dans les années 2000, le niveau élevé de l'euro face au dollar a pénalisé les exportateurs (notamment en France), accélérant la désindustrialisation du pays et le creusement de la balance commerciale. L'impossibilité de dévaluer a contraint certains pays, comme l'Allemagne via les lois Hartz, à pratiquer une modération ou une baisse des salaires pour regagner en compétitivité, creusant les écarts économiques au sein de la zone euro.

Alors que la France entre en campagne pour la présidentielle, ces faits devraient être pris en compte. Les promesses que font les candidats sont-ils crédibles et faisables ? Ecoutez les politiciens en pensant à cela.

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