Votation sur la neutralité en Suisse

Votation sur la neutralité en Suisse

2026-09-04

Votation fédérale suisse sur la neutralité le 27 septembre 2026. Le peuple devra se prononcer sur l’initiative populaire « Sauvegarder la neutralité suisse », aussi appelée  initiative sur la neutralité.

 En résumé, le vote ne porte pas sur le principe même de la neutralité — qui resterait en vigueur dans les deux cas — mais sur la manière de l’appliquer à l’avenir.

Ce que veut l’initiative

Si elle est acceptée, la Constitution prévoirait notamment que :

- la neutralité suisse est **perpétuelle et armée** ;
- la Suisse ne peut adhérer à aucune alliance militaire ou défensive ;
- elle ne peut coopérer avec une telle alliance qu’en cas d’attaque contre la Suisse ou de préparation directe d’une attaque ;
- elle ne peut pas participer aux conflits militaires entre États tiers ;
- elle ne peut pas prendre de sanctions contre un État belligérant, sauf les sanctions imposées par l’ONU et les mesures contre le contournement de sanctions ;
- la Suisse doit utiliser sa neutralité pour jouer un rôle de médiatrice. <citation src="1,2"></citation>

Ce qui changerait concrètement

Aujourd’hui, la Suisse est déjà neutre, n’est pas membre de l’OTAN, ne participe pas directement aux guerres entre États tiers et respecte les sanctions de l’ONU. Elle a toutefois repris, par exemple, la plupart des sanctions européennes contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine.

L’initiative rendrait cette possibilité beaucoup plus limitée : la Suisse ne pourrait pratiquement plus adopter de sanctions autonomes contre un pays en guerre. Elle réduirait aussi fortement la coopération militaire avec des partenaires étrangers, même dans le domaine de la sécurité et de la défense.

Les arguments des partisans

Les défenseurs du texte estiment qu’il faut :

- empêcher une interprétation variable de la neutralité selon les circonstances ;
- préserver une neutralité « totale » et crédible ;
- éviter que la Suisse soit entraînée dans des conflits ou dans des blocs militaires ;
- renforcer son rôle de médiatrice et de puissance offrant ses bons offices. <citation src="1"></citation>

 Les arguments du Conseil fédéral et du Parlement

Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent de **rejeter** l’initiative. Leur position est que :

- plusieurs exigences sont déjà respectées dans la pratique ;
- la Constitution actuelle laisse au gouvernement une marge de manœuvre nécessaire ;
- une neutralité trop rigide pourrait nuire aux intérêts de la Suisse ;
- l’interdiction ou la limitation des coopérations militaires compliquerait la politique de sécurité ;
- la Suisse risquerait de perdre de la flexibilité pour réagir aux crises internationales et défendre ses intérêts. <citation src="1,2"></citation>

La question inscrite sur le bulletin sera donc :

> Acceptez-vous l’initiative populaire « Sauvegarder la neutralité suisse (initiative sur la neutralité) » ?

Pour voter oui, il faut vouloir inscrire une définition beaucoup plus stricte de la neutralité dans la Constitution. Pour voter non, il faut vouloir conserver le système actuel, qui permet à la Suisse de rester militairement non alignée tout en coopérant avec d’autres pays et en adoptant certaines sanctions.

2030-10-13